Le souffle de l’Harmattan : le rendez-vous littéraire démarre à N’Djamena

La septième édition du festival littéraire international Le souffle de l’Harmattan s’est tenue du 9 au 12 décembre 2020 au Centre culturel Al-Mouna, à N’Djamena. Le pays invité d’honneur était le Burkina Faso. Cette édition, particulière, s’est déroulée dans le calme et dans le respect des mesures barrières, dans un contexte marqué par la pandémie de COVID-19.
L’édition de 2020 est placée sous ce thème :
« L’écrivain en temps de crise »
Ce festival s’inscrit dans le contexte de la crise sanitaire qui frappe actuellement le monde. Les écrivains et auteurs sont appelés à produire des œuvres de conscience pour inspirer le changement. La COVID-19 a modifié les comportements et les habitudes ; il est désormais nécessaire de s’adapter pour bâtir une société plus solide après la pandémie.
Le souffle de l’Harmattan est un événement culturel et ludique qui se tient chaque année au Tchad, en décembre, pour éveiller chez la jeunesse tchadienne le désir de connaître ses racines et de découvrir les auteurs et écrivains du pays de Toumaï. C’est un moment de convivialité et de partage pour les amoureux des lettres.
Plusieurs activités culturelles et éducatives ont été organisées à la Maison du quartier des jeunes de Chagoua et au Centre culturel Al-Mouna. Les festivaliers ont participé à des formations, des conférences-débats, des séances de dédicaces, des cafés littéraires et à la remise de prix.

Le comité d’organisation et l’ensemble des membres du festival ont décidé de décerner quatre distinctions à des lauréats talentueux : Hourmadji Moussa Doumgor, Marie-Christine Koundja, Avocksouma Djona Atchénemou et Nocky Djedanoum, pour l’ensemble de leurs œuvres.
Lauréat du grand prix
Le grand prix, décerné à titre posthume, a été remis à Hourmadji Moussa Doumgor pour l’ensemble de ses œuvres. Écrivain prolifique, il a marqué la scène littéraire tchadienne en un temps relativement court, laissant derrière lui quatorze ouvrages couvrant presque tous les genres littéraires. Dans ses écrits, il aborde les maux qui minent la société et qui sont souvent à l’origine des conflits au Tchad.
Lauréate du prix de la meilleure romancière tchadienne
Le deuxième prix a été remis à Marie-Christine Koundja, première romancière tchadienne, pour l’ensemble de ses œuvres qui s’efforcent de briser les tabous et les préjugés dans le pays des grands Sao. Ce prix récompense son rôle dans le rayonnement de la littérature féminine tchadienne. Son roman le plus célèbre, Al Istifkakh ou l’idylle de mes amis, publié en 2001 aux éditions Clé à Yaoundé, raconte l’histoire de deux jeunes gens qui décident de se marier malgré leurs différences religieuses. Le récit se termine sur une note positive : le couple choisit de partir vivre en Europe.
Lauréat du prix du roman
Le Prix « Le souffle de l’Harmattan » du meilleur roman 2020 a été décerné au Professeur Avocksouma Djona Atchénémou, en reconnaissance de sa contribution majeure à la littérature tchadienne. Ce prix lui a également été attribué pour l’ensemble de son œuvre.
Lauréat du prix promoteur culturel
Le quatrième prix a été attribué à Nocky Djédanoum, éminente figure de la culture tchadienne. Il est le premier écrivain-journaliste du Tchad à avoir introduit le grand festival international des lettres, « Fest’Africa ». Organisé pour la première fois à N’Djamena en 2003, cet événement littéraire a offert une visibilité mondiale à la littérature tchadienne d’expression française.
Le directeur artistique du festival, Sosthène Mbernodji, déclarait sur la page Facebook du Souffle de l’Harmattan :
« Ces quatre figures emblématiques de notre littérature méritent d’être distinguées et honorées pour leur engagement : soit pour avoir sorti la chose littéraire de son hibernation, soit pour avoir abordé une thématique pertinente qui fait écho au vœu cher des Tchadiens de vivre ensemble. »
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