Un roman aux mille visages : La fille naturelle

Dans ce roman, il s’agit de l’histoire d’une jeune fille nommée Mama, issue de la troisième femme d’Amane, un chasseur réputé de la région de Kouka. Un jour, lors d’une chasse collective visant à abattre un phacochère, Amane reçut par inadvertance un coup de couteau lancé à la poitrine par l’un de ses compagnons.
Le chasseur se souvenait des paroles d’un redoutable féticheur qui lui avait dit : « Ton malheur viendra de tes filles ». Sa famille fut alors frappée par le scandale, et il accusa sa femme de complicité, estimant qu’elle avait failli à sa responsabilité de mère envers leur fille. Suite à sa blessure profonde, Amane rendit l’âme.
Je vous propose un petit extrait aux pages 8 et 9 :
« dans ce village reculé de Mourkoussou, la vie intime était très réglementée. La jeune fille qui s’aventurerait à connaître un homme avant son mariage ne devrait plus retourner chez ses parents. Il en était de même pour le jeune garçon. Sinon un malheur devrait arriver. L’adultère était puni de façon dissuasive. Chaque fois qu’une épidémie sévissait, on interrogeait les malades. Toutes les fautes commises et tenues secrètes devraient être divulguées. Sinon la mort s’en suivrait irrémédiablement ».
L’homme fort du village avait raison : sa fille Mama était enceinte. Cependant, elle refusait de révéler le nom de l’auteur de sa grossesse jusqu’à l’accouchement. L’enfant fut alors nommé Basseba, ce qui signifie « sans père ».
Cette situation la poussa à fuir vers une autre localité. Mais, en pleine brousse, elle tenta à plusieurs reprises de tuer son bébé. Hélas, la peur l’en empêcha. Elle décida finalement d’abandonner l’enfant, en lui attachant une bande d’étoffe comme signe de reconnaissance. Aussitôt, un vieil homme arriva et recueillit le bébé pour l’adopter.
Mama s’aventurait jusqu’à dans une ville du nom Koga où elle avait travaillé comme une servante dans un hôtel. Après cela, elle s’était mariée puis ils ont regagné le village ensemble avec son mari.
De retour en ville, après un laps temps de difficultés, elle récupère sa fille lorsqu’elle fut gravement malade, et alors, la fille lui demanda le nom son père avant de mourir et elle répondit :
« ton père ? Ton père, c’est … Ton père s’appelle… jusqu’à… elle rend l’âme sans y répondre. La fille naturelle ne pouvait pas connaître son père. Elle ne savait pas pourquoi sa mère ne voulait pas lui dire le nom de son père. Pourtant, elle le lui a toujours demandé. Toujours des subterfuges pour esquiver la question. La seule personne qui pouvait connaître le nom de son père était aussi morte ».
Qui est LARING BAOU ?
Laring Baou est né le 1er décembre 1967, à Lai, dans le Tandjile. Il y effectue ses études primaires avant d’entrer au collège joseph Mukassa, de Donia, puis au collège Charles Lwanga, de Sahr. Engagé à l’imprimerie du Tchad, en 1987, il crée sa propre maison d’édition (les éditions Sao), en 1999.
C’est un roman plein de circonstances, tel que les thèmes développés sont variés. Il décrit aussi les valeurs de la vie en société. C’est ce qui constitue le fil d’idée de ce roman de 129 pages réparti très inégalement en des sous-parties. Cette œuvre est une collection de la littérature tchadienne, publiée aux éditions Sao en 2000.
Bientôt un autre roman de la collection tchadienne à découvrir !