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Récit: je n’ai jamais été le choix du peuple

Je suis né dans un milieu où tout est l’imposition. Cette manière d’imposer les choses, a développé en moi une éducation d’intolérance. C’est ce qui fait de moi aujourd’hui un chef qui s’impose et non celui qui écoute. Peu importe la crise, la décision ne vient pas de moi, c’est celle de mon maître et je ne fais qu’appliquer pour garder notre alliance.

Un jour, au repas vespéral mon maître m’a posé une question : bonhomme penses-tu que la chefferie est-elle une affaire de vote ou de l’imposition ? Et, je n’avais pas trop réfléchi à cette question, ma réponse était rapide, oui maître l’imposition me va, parce que déjà ça reflète mes habitudes comme vous m’avez toujours enseigné.

Un autre jour, je lui ai posé expressément la question : maître pourquoi aujourd’hui, dans le village, les gens veuillent absolument s’impliquer dans la gestion du village et demander le compte rendu ? Ah ! Sa réponse était aussi tic-tac, écoute mon fils, la chefferie n’est pas une démocratie.

C’était depuis ce jour que j’ai compris : « je n’ai jamais été le choix du peuple…donc pour garder notre alliance et me maintenir au tronc de la cour royale, je dois mettre avant tout l’intérêt de mon maître et celui de mon village au plan B. Quoi qu’ils fassent.., je suis le chef du village ».

Le chef autonome du village

Au village, pendant la chasse collective, mon grand-père nous disait que :

« on a combattu, on s’est défendu et on a arraché le tronc, notre tronc. Mes petits fils que ces douleurs soient gravées dans vos cœurs et que vous vous souvenez toujours de ce sacrifice » a-t-il dit.

Donc, aujourd’hui, je suis le chef unique et autonome du village, soutenez moi dans ces moments durs pour que demain chaque citoyen du village trouve son compte pour s’épanouir démocratiquement comme en ville.

Chef intransigeant

Partout dans le monde, on remplace un chef du village ou de terre après sa mort mais pourquoi me remplacer étant encore vivant ? Alors, à la fin de son discours, un jeune ado cria:

« comme vous ne voulez pas céder, nous faisons confiance à la mort ».

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Auteur·e

lencreverte

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