Football tchadien : quand la victoire se fait attendre
L’équipe nationale de football du Tchad ne s’est jamais qualifiée au niveau mondial. On se demande alors si cette série de défaites des Sao relève d’une malédiction ou simplement d’un manque de travail.
Le 23 septembre, au stade Idriss Mahamat Ouya de N’Djamena, les Sao se sont inclinés 2-3 face aux Crocodiles du Nil du Soudan lors de la phase aller d’un match amical. Deux jours plus tard, ils ont disputé la phase retour et, une fois encore, ils se sont inclinés sur le score de 2-0.
Emmanuel Trégoat, l’entraineur des Sao
Deux fois sélectionneur de l’équipe nationale : de février à septembre 2014, il conduit pour la première fois les Sao à la victoire en Coupe de la CEMAC, en battant le Congo-Brazzaville en finale. Depuis août 2019, le Français est revenu pour un second mandat, qu’il occupe toujours à ce jour. Dans un entretien accordé au journal Le Pays, Trégoat déclarait ceci avant le match, lors d’un point de presse :
« on a travaillé avec les joueurs qui sont en France et au Luxembourg début juillet en France avec lesquels on a eu 24 joueurs ».
Qualifications des Sao
Tout d’abord, entre 1930 et 1998, l’équipe nationale du Tchad n’a jamais participé à la Coupe du monde. Ensuite, de 2002 à 2018, elle n’a figuré qu’au tour préliminaire des qualifications.
Concernant la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), de 1957 à 1990, le Tchad n’a pas été admis pour diverses raisons. Après les années 1990, l’équipe a connu des situations variées : tantôt non qualifiée, tantôt non admise ou même disqualifiée pour des motifs liés à la fédération.
Quant à la Coupe de l’UDEAC, l’équipe nationale occupait généralement la troisième ou la quatrième place, avec deux finales disputées en 1986 et 1987, perdues face au Cameroun.
Il n’y a plus à espérer des grands Sao

Wikipédia
Toute la population est déçue et se demande : à quand la victoire ? Elle s’interroge encore : pourquoi l’équipe nationale ne parvient-elle pas à lui offrir ce sourire que procurent d’autres équipes du continent, telles que les Lions, les Éléphants, les Diables, les Pharaons, les Aigles, etc. ?
Comme en témoigne un boutiquier du quartier :
« Je suis vraiment déçu et je n’ai plus le courage de parler des Sao à l’avenir. Pourtant, j’avais fermé ma boutique pour aller suivre le match amical Tchad-Soudan, en espérant que cette fois les Sao écraseraient les Crocodiles du Nil. Mais ce n’était qu’une illusion. À présent, je déclare haut et fort que je ne suis plus supporter de l’équipe nationale de football des Sao. »
Il faut une prise de conscience des responsables en charge de sport et de la jeunesse
Si l’équipe nationale de football n’arrive pas à gagner ni à se qualifier pour la Coupe d’Afrique ou la Coupe du monde, c’est qu’il existe un problème sérieux. Ce problème peut être corrigé par une prise de conscience générale impliquant les joueurs, les responsables, la population et le pouvoir politique. Sans cela, les Sao resteront prisonniers d’un football archaïque et continueront à nous décevoir.
Les responsables doivent surtout réfléchir à cette « maladie » qui persiste jusqu’à la génération actuelle, où le football demeure sans importance aux yeux des enfants. À mon avis, c’est une injustice envers la jeunesse de la part du gouvernement tchadien. Comment se fait-il que le Tchad n’ait jamais été qualifié une seule fois pour la Coupe ?
L’équipe nationale doit se sacrifier pour les matchs à venir. François Godet, dans son ouvrage intitulé Respect…, affirme ceci :
« pour s’y maintenir… il faut aussi lutter contre la peur, celle de l’échec, celle de la vie, celle de la mort ; cela s’appelle le courage… »
Pour terminer, l’équipe nationale de football du Tchad regorge de talents et d’expérience. Une fois de plus, nous les encourageons à redoubler d’efforts. Cependant, nous commençons à nous lasser de leurs défaites répétitives. Comme on le dit, la défaite n’est pas une fin en soi. Courage, les Sao !
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