Étudier au Tchad : un défi face au délestage et au coût exorbitant d’Internet
Par la présente, nous, étudiants, écoliers, blogueurs, passionnés des réseaux sociaux et entrepreneurs, demandons aux hautes autorités du pays ainsi qu’aux opérateurs de téléphonie mobile (Airtel et Tigo) de songer à l’avenir de la jeunesse tchadienne. La réussite scolaire et universitaire dépend entièrement de ces deux piliers à l’ère du numérique.
Le Tchad, à l’instar de ses pays voisins, est loin de la réalité. Aujourd’hui, nous pouvons dire qu’il traverse une crise qui ne dit pas son nom, en dehors de la pandémie de Covid-19. Les coupures inopportunes d’électricité et le coût excessif d’Internet sont devenus un véritable cauchemar pour les apprenants.
Le délestage a un impact direct sur les résultats scolaires. Étudier au Tchad, c’est un sacrifice : rien n’est facile pour les étudiants. En réalité, ils ont l’embarras du choix : continuer à étudier ou abandonner. Les difficultés pour terminer une année universitaire ou scolaire sont nombreuses, notamment les grèves à répétition qui entraînent l’allongement des années académiques : parfois 24 mois pour neuf mois prévus au début.
C’est ce qui pousse la plupart des étudiants tchadiens à partir étudier dans les pays voisins, en raison des difficultés d’accès à Internet et des coupures intempestives d’électricité, qui ne favorisent pas une formation de qualité comme le recommande l’Objectif de développement durable (ODD) n°4 : l’éducation de qualité. On peut alors se demander : le Tchad respecte-t-il réellement ce projet de développement mondial ?
La SNE, une société des gens influents
À N’Djamena, par exemple, les coupures d’électricité se font par secteur ou par quartier. Ce délestage est particulièrement fréquent dans les zones périphériques de la capitale, alors que ces quartiers comptent autant d’étudiants que le centre-ville. Les étudiants de ces zones reculées, parfois proches des campus, n’ont pas souvent l’électricité pour étudier correctement au XXIᵉ siècle.
Dans certains secteurs où vivent des généraux ou des hommes influents, la lumière est disponible 24 heures sur 24. Toute la population crie et manifeste contre la gestion de la SNE. Mais le nouveau directeur général de la Société Nationale d’Électricité (SNE), M. Mahamat Adoum Ismaël, rassure la population que tout est déjà mis en œuvre pour une solution rapide à cette crise énergétique. Il a également précisé que cette crise est liée à la vétusté des lignes de distribution et parfois à la surcharge, qui sont les causes directes de ce délestage.
L’accès à l’électricité reste encore inadmissible pour l’ensemble de la population, surtout pour les citoyens lambda. Car, comme on le dit aujourd’hui : “La lumière n’est pas un luxe, mais une nécessité.” Pourtant, loin de cette pensée, et à mon avis, la lumière demeure encore un luxe au Tchad.
Le gouvernement et les opérateurs de la téléphonie mobile
L’Internet au Tchad, c’est l’enfer : des censures de deux à trois mois parfois, juste pour une petite querelle ethnique. La population se retrouve sans accès à la connexion, tout est bloqué. C’est très compliqué à raconter, mais je le dis quand même pour espérer un changement demain. Vraiment, c’est une plaidoirie en faveur des étudiants et des écoliers. Avant même le rétablissement d’Internet sur l’ensemble du territoire national, certaines provinces étaient déjà privées de connexion.
Les opérateurs de téléphonie mobile, tels qu’Airtel et Tigo, pratiquent des tarifs excessivement élevés pour la souscription aux mégabits, ce qui n’est pas à la portée de tous, surtout des étudiants. Par exemple, chez Tigo : 200 Mo à 400 F, 300 Mo à 500 F, valables 24 heures, et c’est pareil chez Airtel. Ce forfait de 24 heures n’aide pas vraiment à mener des recherches, d’autant plus que le réseau est souvent perturbé. La cause ? Ces antennes fonctionnent généralement avec des panneaux solaires, et une fois déchargés, plus de connexion. Quel dommage !
Ce n’est pas tout : il reste encore beaucoup à faire pour améliorer la vie des étudiants et des internautes tchadiens.
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