Covid-19 au Tchad : Les gestes barrières ignorés
À N’Djamena, la capitale tchadienne, l’application des mesures barrières reste une leçon mal assimilée. Leur non-respect ne permet pas d’espérer gagner la bataille contre la pandémie.
Le pays de Toumaï, à l’instar des autres nations du monde, fait face à la pandémie de coronavirus qui a paralysé toutes les activités. La jeunesse tchadienne semble faire exception aux mesures barrières instaurées par les hautes autorités pour freiner la propagation de cette pandémie, qui ne cesse de gagner du terrain avec de nouveaux cas confirmés. Le constat est alarmant : ces mesures sont largement ignorées par la population N’Djaménoise. Je parle aujourd’hui de quatre (4) mesures barrières non respectées par la population.
Comme le souligne le grand poète français :
« la liberté commence où l’ignorance finit ».
Victor Hugo
Lorsqu’on ignore quelque chose, on n’est guère différent d’un borgne. C’est pourquoi une partie de la jeunesse tchadienne semble négliger cette maladie contagieuse et mortelle, qui continue de tuer des milliers de personnes.
Le non-respect de port obligatoire du masque
Depuis l’instauration du port obligatoire du masque dans les lieux publics, certaines personnes ne respectent pas cette mesure. Le constat est amer : dans les ronds-points, elles sont régulièrement pourchassées par la police et sanctionnées par des amendes, suivies d’avertissements pour la prochaine fois en cas d’oubli ou de refus volontaire. Beaucoup justifient leur comportement en affirmant qu’ils respirent mal avec ce masque.
La continuité de se serrer toujours les mains par les proches
La Covid-19 a bouleversé nos habitudes. Mais dans nos carrefours, maisons et marchés, la réalité est toute autre. Certaines personnes continuent à tendre la main, et lorsqu’on refuse de la serrer, cela devient automatiquement un problème entre individus. Selon nos coutumes, les populations noires sont habituées à se saluer par une poignée de main. Or, cette pratique est désormais remise en question par la pandémie, qui se propage notamment par ce geste.
Le non lavage des mains avec l’eau et du savon ou gel hydro alcoolique
L’hygiène reste une pratique encore négligée par la plupart des gens, que ce soit sur leur lieu de travail ou à la maison. Beaucoup de Tchadiens affirment que « la saleté ne tue pas un Africain ». Attention ! Elle tue à petit feu. Ce qui est encore plus surprenant, c’est que certains reconnaissent que se laver les mains régulièrement n’est pas dans leurs habitudes, et considèrent cela comme un exercice qui exige une réelle discipline.
Attroupement à la place mortuaire
Perdre un être cher est une douleur difficile à supporter. Mais il faut comprendre que le contexte a changé avec cette pandémie qui ravage sans pitié et prend de l’ampleur chaque jour. Cela concerne aussi notre manière de nous comporter lors des cérémonies funéraires : la distanciation sociale doit être respectée. Nous pouvons compatir autrement, par exemple en utilisant le téléphone.
Le Tchad fait désormais partie des pays les plus touchés en Afrique centrale par la pandémie de Covid-19. Cela illustre clairement le non-respect des mesures barrières édictées par le gouvernement et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour riposter contre cet ennemi commun.
je vous propose un petit paragraphe à lire :
« Moussa appela ses enfants d’un ton moqueur :
— Regardez ces milliers de morts, à quoi cela vous sert ? Au lieu de nous raconter des devinettes et des contes, vous nous parlez de coronavirus. Écoutez-moi bien, mes enfants : en 1918, j’ai survécu à la pandémie la plus sévère du monde ; en 1945, à la guerre la plus meurtrière de l’histoire ; en 1979, à la guerre civile ; en 1996, au choléra ; en 2004, à la famine ; en 2018, au paludisme chronique… Ce n’est pas en 2020 que la Covid-19 va me tuer.
En tout cas, c’est une maladie des riches. Nous, nous avons nos maladies qu’ils n’ont jamais connues depuis leur naissance. »
Convaincu, Moussa persuada toute sa famille de ne pas avoir peur de ce « petit virus ». Une semaine plus tard, sa femme fut testée positive au coronavirus. Le lendemain, elle mourut de la Covid-19.
Fou de douleur, Moussa hurla :
— Putain de merde ! Moi qui disais que c’était une maladie des nantis… Cette maladie est devenue une réalité pour ma famille. »
Par ailleurs, j’invite les jeunes à prendre au sérieux ces mesures qui sauvent des vies et à intensifier la sensibilisation.
La balle est dans votre camp : à vous de jouer !