Formation des journalistes culturels tchadiens à la critique cinématographique
L’Association des journalistes culturels du Tchad, en partenariat avec le journal Sud Culture, a organisé à N’Djamena un master class d’initiation à la critique cinématographique. Le directeur de l’Institut français du Tchad, le directeur de l’espace Talino Manu ainsi que le président de l’Association des journalistes culturels du Tchad étaient présents à la cérémonie d’ouverture. Cette formation a été animée par le journaliste et critique de cinéma nigérien Souleyman Moutari.

L’objectif de cette formation est d’outiller les journalistes culturels en leur apportant les bases de la critique cinématographique et de créer un réseau de critiques d’art au Tchad. L’analyse des différents éléments d’un film permet de saisir en profondeur le travail du réalisateur sous toutes ses formes, afin de donner une interprétation globale de l’histoire racontée.
Ce master class a pour mission principale d’accompagner les journalistes participants dans la promotion d’une critique cinématographique de qualité, au service des réalisateurs et des acteurs tchadiens. Il s’agit d’une première au Tchad : une initiative inédite pour former la nouvelle génération de critiques d’art. De plus, le Tchad est le pays d’honneur au FESPACO 2025.
Le cinéma n’est pas seulement la création d’action mais d’émotion
Le travail d’un critique, c’est analyser les contours du film, c’est donner son point de vue sur le regard d’un réalisateur tout en tenant compte l’aspect d’émotion qui parfois donne de l’originalité de contenu. L’un des participants cinéastes à la formation avait donné un exemple sur l’émotion tel que en regardant un film d’action aussitôt une mère avec son enfant en main et l’enfant reçoit une balle à la tête, c’est ça parler l’aspect d’émotion dans la critique cinématographique. L’émotion est l’aspect la plus cruciale qui donne en profondeur la spécificité d’un film de qualité et réussi.
La critique est souvent l’expression de la subjectivité
L’homme est un être d’émotion, il peut arriver que le sens d’objectivité lui échappe dans ses travaux d’analyse, raison pour laquelle l’entourage pourrait l’influencer pour divers aspects auquel son bon sens pourrait prendre la place de la subjectivité.
« La critique n’est pas une tribune de règlement de compte avec le réalisateur ou un membre de la production du film. Donner son opinion sur le film n’autorise pas à être raciste, sexiste, homophobe, diffamatoire, ni porté atteinte à la vie privée des personnes ou à leur réputation de mention de manière injustifiée » a déclaré le formateur Souleymane Moutari.
C’est dans ce même d’ordre d’idée que l’écrivaine américaine Annie Barrows déclarait dans son livre intitulé Le secret de la manufacture de chaussettes inusables (2015) aux éditions NIL :
« Chacun de nous voit une histoire donnée à travers le prisme de sa propre subjectivité. Nous sommes incapables de nous montrer objectifs ».
Le critique, c’est le médiateur entre l’œuvre et le spectateur
La critique est une création de contenus, cela nécessite parfois des talents et du travail continuel pour être un bon médiateur. C’est le point qui facilite un accord et donne la valeur pour apprécier la création. Son rôle intervient entre l’œuvre et le spectateur pour les rapprocher et faciliter le dénouement de la production artistique ou littéraire.
Quelques photos de la formation en critique cinématographique






Alors, nous nous posons question de savoir :
Quelle critique cinématographique pour les cinéastes tchadiens de demain ?
Nous y reviendrons prochainement avec un nouveau billet sur la thématique
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