La montée du fleuve Chari : entre noyade et trafic clandestin

« L’eau, c’est la vie ; l’eau, c’est la mort »…

…A-t-on coutume de le dire dans cette ambivalence des mots. Avec la montée des eaux du fleuve Chari, les frontières deviennent incontrôlables par les autorités tchadiennes. Et cette montée créée de pertes des vies humaines, plus particulièrement les enfants et les personnes droguées.

Les fleuves sont les moyens de transport, des sources nourrissantes pour l’homme. Mais très inquiétante pour les enfants et les personnes droguées, qui quittent leurs différents quartiers à la recherche d’un endroit calme et paisible. Ils finissent parfois par perdre leur vie. Faute de quoi, ils ne savent pas nager ou tantôt sont tombés sous l’effet des drogues, mais communément appelés dans le jargon tchadien « les bérets rouges », « tramol », « yal barça », etc.

Les cas de noyade sont devenus nombreux ce dernier temps au bord du fleuve Chari à N’Djamena et dans des circonstances différentes. Warga, un jeune narcotique témoigne :

« C’est un peu difficile d’expliquer ce phénomène de drogue que nous consommons tous les jours. Moi, personnellement, l’année dernière à Nguéli (une ville frontalière Tchad-Cameroun), j’étais tombé en plein milieu du fleuve lorsque je me lavais. Et si ce n’était pas les blanchisseurs et piroguiers, je ne serais pas en vie. Vous savez, ces stupéfiants assèchent rapidement la gorge et on est souvent déshydraté. C’est pour cette raison que nous partons toujours au bord des fleuves pour prendre l’air. Mais dans certains cas aussi, on peut éprouver des convulsions violentes d’une courte durée et si c’est au fleuve, c’est oh là là ! ».

Même si ce n’est pas le cas pour tous, la plupart sont les personnes drogués. Ce phénomène est récurrent en saison des pluies et avec un nombre de décès plus élevé qu’en saison sèche. En cette période de crue, les riverains sont exposés et entourés des animaux qui peuvent aussi couter leur vie, tels que les reptiles, les hippopotames, crocodiles… Mais ils ne craignent pas trop ces choses-là. Contrairement aux policiers et aux gendarmes qui ne cessent de les menacer, sous différents prétextes.

Le trafic clandestin des marchandises entre le Cameroun et le Tchad

Cette crue des eaux a multiplié les voies de trafic pour les commerçants. Les autorités en charge ne sont pas en mesure de contrôler tous les points d’entrée/sortie en cette saison des pluies, puisqu’il y a plusieurs destinations. Malgré la fermeture des frontières en ce moment à cause de la pandémie de Covid-19, le cas de trafic clandestin n’a pas vraiment changé. Il est plutôt devenu un business pour certaines responsables.

Ce trafic clandestin des marchandises sont généralement le charbon de bois, l’essence, du matériel informatique, des produits textiles et bien d’autres articles. Certains commerçants préfèrent attendre la saison des pluies pour bien faire leur business, parce que la crue des eaux empêche les autorités de contrôler tout au long du fleuve. Vu cette situation qui échappe au contrôle, le gouvernement a désormais mis des hors-bords anti-fraude 24/24.

Ce débordement du fleuve Chari a un impact direct et indirect sur les enfants, les personnes droguées, les femmes commerçantes. Par contre, cette montée est un profit pour les pêcheurs et les hommes d’affaires de ce laps temps, en attendant la désescalade. Et l’on se demande alors si ce trafic clandestin n’a pas de conséquence sur la population, tels produits en date de péremption…

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Auteur·e

lencreverte

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