Couvre-feu ou couvre-poche ? La réalité à N’Djamena
Les dégâts sont énormes et c’est la population qui en paie le prix. Chaque jour, des larmes coulent face aux désordres provoqués par certains agents de sécurité dans la ville de N’Djamena et dans d’autres provinces du Tchad. Ils détournent le sens du couvre-feu pour servir leurs intérêts personnels. Et l’on se demande : le virus se propage-t-il uniquement la nuit ? Ou bien la nuit empêcherait-elle le virus de se propager ? Pourquoi faire autant de mal que la COVID-19 elle-même ?
Depuis quelques jours, le décret imposant le confinement de la ville de N’Djamena pour une période d’une semaine renouvelable suscite la colère de la population n’djaménoise. C’est une lamentation générale face à la dégradation des conditions de vie : chacun déplore son sort et se pose la question suivante : comment sortir de ce pétrin imposé par un gouvernement au service des riches ?
Le couvre-feu vers couvre-monnaie
La COVID-19 semble avoir créé un nouveau business pour certains agents de sécurité. Ils attendent la nuit pour occuper leurs postes, répétant souvent : « l’heure, c’est l’heure ». Ce qui compte pour eux, c’est l’argent, rien d’autre. Le reste ne les concerne pas : chacun sa vie, chacun sa route, point final !
Malheur au retardataire qui se fait arrêter par la police ou la gendarmerie sans argent en poche ! Dans ce cas, les chicotes remplacent l’argent, et la personne est immédiatement conduite au commissariat le plus proche du poste ou du rond-point.
Le couvre-feu vers un règlement de compte
Derrière le couvre-feu se cache, bien souvent, un règlement de comptes pour certains agents et personnalités. L’idée de vengeance est omniprésente lorsqu’une personne a des antécédents avec les autorités ou un responsable de poste. Le couvre-feu devient alors un prétexte pour régler ses comptes et assouvir ses rancunes. C’est l’occasion rêvée pour tout mettre au clair, selon leurs propres intérêts.
Chaque jour, des vies sont perdues à cause de ce fameux couvre-feu, qui semble parfois servir de méthode pour éliminer des ennemis de longue date. C’est tragique ! Où sont passées la solidarité et l’esprit de patriotisme ?
Le couvre-feu, un nouveau modèle de gouvernance
C’est dommage, mais on fait avec, pour éviter de se faire maltraiter par les agents de sécurité. Le couvre-feu est devenu un nouveau modèle de gouvernance au Tchad. Cette mesure semble être une problématique du pouvoir pour réprimer la population, sinon ailleurs, le couvre-feu reste ce qu’il est : une mesure sanitaire, rien de plus. Comment comprendre que le couvre-feu, initialement instauré de 21 heures à 5 heures du matin, ait été subitement avancé à 20 heures la dernière semaine de l’année 2020 ?
Pourtant, c’est la période des fêtes de fin d’année, et chacun cherche à offrir quelque chose à ses enfants ou à sa famille. Brusquement, le gouvernement publie un décret ramenant le couvre-feu de 18 heures à 5 heures du matin, dès le 1er janvier 2021. Or, la population des quartiers périphériques se rend habituellement au centre-ville pour ses activités, avant de rentrer le soir. Mais cette nouvelle mesure rend leurs déplacements extrêmement difficiles ces dernières semaines à N’Djamena. Même les chauffeurs d’autobus redoutent cette restriction, qui ne leur permet plus d’effectuer un aller-retour complet. L’horaire imposé fait que la majorité des gens se retrouve arrêtée chaque soir. Alors, le gouvernement ne s’inquiète même pas de la situation que traverse tous ces gens-là.
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