Entre inquiétude et mélancolie : la population tchadienne après la mort du maréchal

Article : Entre inquiétude et mélancolie : la population tchadienne après la mort du maréchal
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22 avril 2021

Entre inquiétude et mélancolie : la population tchadienne après la mort du maréchal

La mort du maréchal-président Déby a plongé toute la population tchadienne dans l’inquiétude et la mélancolie quant à l’avenir du pays.
Tout le monde se pose la question : le Tchad va-t-il sombrer dans un chaos total, comme la Libye ?
Face aux réactions du Conseil militaire de transition (CMT), dirigé par un autre Déby, la démocratie a-t-elle encore sa place au Tchad ?
Le pays ne risque-t-il pas de devenir une nouvelle RDC ou un Gabon d’hier, avec ce jeu de camouflage sous prétexte de sécurité ?
Ce sont toutes ces interrogations qui enflamment les réseaux sociaux ces derniers jours.

Ce lundi, N’Djamena était en pleine panique. Les gens couraient dans tous les sens, sans même demander à leur voisin la raison de cette agitation. Comme le raconte un mécanicien posté au bord du goudron :

« Mon frère, ma sœur, qu’est-ce qui ne va pas ? », ai-je demandé.
Il m’a répondu brièvement, et l’instant d’après, je voyais des chars positionnés partout, à chaque rond-point de la capitale. Alors, je me suis mis à courir jusqu’à Koundoul, une localité située au sud de N’Djamena, à environ 15 km. »

C’était deux jours après les affrontements entre les forces gouvernementales et les rebelles du Front pour l’Alternance et la Concorde au Tchad (FACT), dans la province du Kanem, au nord du pays.
En apprenant cette nouvelle, la population N’Djamenoise avait déjà les oreilles tendues. Il fallait désormais trouver un refuge hors de la ville pour sauver sa peau. Beaucoup se rappelaient déjà la guerre du 2 février 2008.

Sur la toile, les ambassades des États-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne ont donné des consignes à leurs ressortissants : quitter la ville au plus vite ou, à défaut, éviter toute sortie. À mon avis, ces recommandations des ambassades ont largement contribué à accroître le niveau de panique dans toute la capitale.

La vraie transition est de redéfinir l’ordre constitutionnel

Le respect de la Constitution est la base de tout État qui se dit démocratique. Même si la Constitution tchadienne semble reléguée au fond d’un placard, entre les toiles d’araignée, respectons là cette fois-ci comme un repère essentiel pour une bonne gouvernance.
Certes, un coup d’État militaire reste un coup d’État militaire, mais la transition doit être limitée dans le temps et raisonnable, en suivant les lignes directrices de la Constitution.

Par ce billet, j’appelle l’Union africaine et la communauté internationale à surveiller de près cette transition afin de garantir la paix au Tchad et la stabilité dans toute la sous-région.

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