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Tchad : les conflits agriculteurs-éleveurs, une autre crise en milieu rural

Les conflits récurrents entre agriculteurs et éleveurs au Tchad inquiètent toute la population et obstruent le code de la cohabitation pacifique. Ces conflits intercommunautaires ont assez causés de pertes humaines et de biens matériels ces dernières semaines. Il est temps que population prenne conscience, et le gouvernement sa responsabilité.

Le Tchad est un pays à vocation agropastorale. En effet, son climat et sa végétation attirent depuis longtemps les éleveurs vers la zone de transhumance au centre et au sud du pays. Mais de ces déplacements naissent des conflits, qui opposent les éleveurs nomades et les agriculteurs sédentaires. Ces derniers accusent les premiers de saccager leurs champs. Par manque de justice, les deux camps s’en prennent l’un à l’autre, et cela finit souvent par des morts. Cette crise continue alors à faire aveuglement son chemin, dans certaines provinces du Tchad.

Ces conflits sont fréquents dans ces provinces, dans les deux grands Mayo-Kebbi, au Tandjilé, au Logone occidental et oriental, ou au Mandoul. Ces zones sont les foyers des conflits entre agriculteurs et éleveurs. À mon avis, ces conflits sont devenus une maladie endémique comme le paludisme.

Les généraux et gouverneurs, causes des conflits agriculteurs-éleveurs au Tchad

Les administrateurs civils et militaires sont les vraies causes de ces conflits entre éleveurs et agriculteurs, dans presque toutes les provinces du Tchad. Chaque fois qu’il y a un conflit, les éleveurs sortent avec des armes de guerres et font des carnages. Face à cette crise sociale, certaines autorités prennent parti et ne font pas régner la justice. Pour eux, c’est la loi de la jungle : le plus fort a toujours raison. Alors, où est la justice ?

Lors d’intervention des forces de l’ordre, les deux camps tiennent leurs arguments. Les éleveurs disent que les cultivateurs doivent garder leurs champs jour et nuit, qu’ils occupent tous les espaces de pâturage. Et les agriculteurs rétorquent que les champs se ne déplacent pas, et que les éleveurs nomades font exprès pour dévaster chaque fois leurs champs.

Pourtant, le gouvernement a même tracé des couloirs de transhumances pour éviter ces conflits à répétions entre les deux communautés. Des textes juridiques sanctionnent tout contrevenant qui ne respectent pas ces lois en vigueur qui régulent les transhumances. Hélas, les lois restent sur le papier et la réalité est autre sur le terrain.

Si ces conflits entre éleveurs et cultivateurs persistent encore aujourd’hui au Tchad, les autorités sont aussi complices et en tirent profit. Un paysan se pose la question : «Une question est restée sans réponse, et la voilà : qui donne les armes de guerres aux éleveurs ? À qui appartiennent ces animaux ?».

Par ce billet, j’invite tout le peuple tchadien à s’impliquer vraiment dans cette crise sociale et de comprendre que l’importance des rapports entre agriculteurs et éleveurs ne se matérialise pas seulement dans ces conflits, mais aussi surtout dans des rapports socio-économiques pour l’avenir du pays.

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Auteur·e

lencreverte

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