Tchad : une femme prend les rênes de la chefferie villageoise
« Ouvrez vos bras au changement, mais ne laissez pas s’envoler vos valeurs »
Dalaï Lama
Elle s’appelle Mme Nguenome Jacqueline Ngarsara.
La nouvelle cheffe du village de Kolbé, dans le canton de Bédaya, province du Mandoul au sud, a été officiellement installée le 23 janvier 2021 par les autorités locales de ladite province. Elle succède à son frère, malade, qui a démissionné.
C’est la première fois qu’une femme est nommée cheffe de village au Tchad.
Cette nomination semble susciter l’intérêt de la jeunesse et inciter à des rencontres-débats. Ce n’est pas étonnant : il faut simplement comprendre que le concept d’émancipation de la femme a enfin atteint un niveau de compréhension suffisant au pays de Toumaï.
La chefferie est-elle une affaire des femmes ?
La nomination de Jacqueline Ngarsara comme nouvelle cheffe du village de Kolbé suscite un débat dans le sud du pays.
Pourtant, elle a déjà été installée et confirmée sur le trône. Mais certaines personnes continuent de dramatiser, affirmant que cette nomination n’est pas digne et qu’elle ternit l’image des autres chefs de village. Selon eux, la place de la femme serait à la cuisine et non au trône d’une chefferie traditionnelle.
Nonobstant, il faut rappeler que les choses évoluent. À mon avis, cette nomination de Madame Ngarsara ne devrait poser aucun problème.
Par ce billet, j’invite tous ceux qui doutent encore à souhaiter plutôt bon vent à Madame la cheffe de village, pour son courage dans un pays où le contexte reste très hostile.
Stendhal disait :
« À vouloir vivre avec son temps, on meurt avec son époque ».
Tout le monde crie : “Changement ! Changement !” Mais à cause de son genre, ce changement est tourné en dérision, comme une simple comédie.