Le masque : ma carte d’identité

Article : Le masque : ma carte d’identité
15 octobre 2020

Le masque : ma carte d’identité

C’est ironique de parler du masque comme une carte d’identité nationale. Mais cela semble vrai, et même plus important que les pièces d’identité (passeport, carte) en cette période de pandémie de Covid-19. Mon masque, ma liberté !

Cela faisait longtemps que je n’étais pas sorti prendre un verre avec mes ami(es) au bar sans alcool sis au quartier Kabaye, dans le troisième arrondissement de la ville de N’Djamena. Là-bas, tout est chic ; l’ambiance est de taille. Sur notre table de quatre ami(es), l’un des trois s’est mis à nous raconter une histoire si merveilleuse, d’un grand guerrier du 20ème siècle :

« Il s’appelait Boirot, un alcoologue fini, et qui ne faisait rien sans prendre un verre. Un jour, il tomba grièvement malade et fut admis à l’hôpital national. Mais têtu qu’il était, il n’a pu pas mettre deux jours à l’hôpital ; faute de quoi, il sera transféré au bar sans alcool pour sa prise en charge par l’équipe médicale. Et les médecins l’ont fait porter le masque au cas où il va tousser, éternuer pour éviter la contamination de sa maladie à ses proches. Puisqu’il souffrait d’une pneumonie aiguë. Après avoir retrouvé sa santé, il était sorti de l’hôpital toujours avec son masque, donc cela était devenu une habitude chez lui là où il partait, son masque a remplacé sa carte d’identité nationale ».

Moi, personnellement, j’ai trouvé que c’était une histoire déplacée et je leur ai dit : passons aux choses sérieuses puisque cela ne m’intéresse pas mes chers ami(e)s ! Alors, mon voisin de table de gauche, m’a fait un clin d’œil et il fut le silence total. Il affirma :

« Attention ! Eh mon frère, l’affaire du masque est sérieuse avec le Covid-19, et il n’y a pas de demi-mesure. Attends-toi : la police ! ».

De la blague à la réalité

Aujourd’hui à N’Djamena, le masque est plus important que les pièces d’identité. Au début, ce n’était pas facile de circuler, se promener avec son cache-nez, donc à l’heure actuelle, tous les ronds-points sont remplis des policiers, gendarmes et les agents de la municipalité pour contrôler ceux qui ne vont le porter. Maintenant, dans la capitale tchadienne, on parle du passeport ou carte sanitaire.

Sortir sans son masque, c’est créer soi-même le problème, ouvrir sa porte de prison d’une journée sous d’amende à la police nationale. Ce n’est plus une blague, cette affaire est devenue une réalité. Mais cette réalité est tantôt sous-forme d’escroquerie ou de menace aux paisibles citoyens.

De négligence à la sanction

Il est formellement interdit de se promener, circuler dans les lieux publics sans son masque. Cette décision du gouvernement est sans exception, la loi c’est la loi, dit-on souvent, mais il semblerait que certaines personnes intouchables se promènent sans leur masque, soit en disant que le gouvernement c’est eux et c’est tout !

Alors que, les citoyens lambda sont inséparables de leur cache-nez. Sans cela, ils ne sont jamais libres de vaquer à leurs occupations. Pour éviter toutes les tracasseries des policiers, tout le monde se muni de son masque en poche, en cas d’éventualités. Parfois, certaines personnes dorment avec leur masque de peur d’oublier lorsqu’ils vont se réveiller pour aller quelque part.

Les sanctions infligées aux personnes ne portant pas le masque sont diverses : une amende parfois arbitraire, torture, chicotte, prison, faire des corvées dans les lieux publics et aussi la méthode d’humiliation, c’est-à-dire se faire agenouiller devant les petits enfants ou te retirer les chaussures pour marcher à pied nu quelques mètres.

À cause du non-respect du port obligatoire de masque, certaines personnes ont déjà perdu la vie et les familles en souffres et regrettent amèrement. À mon avis, je dirais éliminer, tuer une personne en Afrique pour une petite chose sont assez beaucoup pour des raisons très simples et compréhensives.

C’est un appel à toutes et tous, l’affaire du masque n’est plus à négliger. En ce moment de crise sanitaire, notre liberté, c’est le port obligatoire du masque non seulement pour éviter la bavure policière mais pour notre santé qui est l’enjeu dans cette situation de covid-19.

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